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09/06/2016

LA DECOLONISATION OU MIEUX LA LOI FONDAMENTALE DE 1960 A-T-ELLE CREE L’ETAT CONGOLAIS ?: NOTRE BREVE REFLEXION

 

LA DECOLONISATION OU MIEUX LA LOI FONDAMENTALE DE 1960 A-T-ELLE CREE L’ETAT CONGOLAIS ?: NOTRE BREVE REFLEXION


La décolonisation ou mieux la loi fondamentale de 1960 a-t- elle crée l’État congolais ? Voilà une question pertinente à laquelle il n’est pas aisé de donner promptement une réponse négative ou affirmative. C’est une question qui a en elle, la vocation de diviser les opinions par des controverses et elle a aussi le mérite de faire évoluer la science politique et le droit constitutionnel.

Il n’est donc pas surprenant d’entendre un autre son de cloche que le notre. Il va de soi. Telle est l’essence même de la science. Elle évolue par la contradiction car des chocs des idées, jaillit la lumière, dit- on.

Ceci dit, il nous semble à notre humble avis, cohérent de tracer avant tout l’évolution constitutionnelle ou institutionnelle de notre pays, la République Démocratique du Congo pour mieux appréhender cette question difficile soumise à notre réflexion.

En effet, l’histoire constitutionnelle ou institutionnelle de notre pays remonte de 1885, année où le Traité de Berlin entra en vigueur. Cet acte avait permis la délimitation et la fixation des frontières souvent artificielles des zones soumises à l’influence directe de principales puissances européennes de l’époque .Pour le Congo, ce traité jouait en quelque sorte le rôle de constitution de l’État Indépendant du Congo qui, il faut le dire, était une propriété privée du Roi Léopold. II

En 1908, le Roi légua le Congo à la Belgique qui l’annexa. Le Congo était devenu ainsi, une colonie belge. La charte coloniale fut promulguée pour réglementer la vie politique de la colonie.

En 1960, l’année de l’indépendance. Le Congo accéda à la souveraineté internationale avec comme constitution la Loi Fondamentale.

Pour répondre à la question de savoir à quel moment l’État congolais est né, nous pensons qu’il est de bon aloi de définir d’abord le concept «  État ». En effet, la définition de l’État diffère selon qu’il s’agit du droit interne et des Relations internationales.

Pour des spécialistes du droit interne, l’État est constitué de trois éléments constitutifs. Il s’agit de : la population, le territoire et la puissance publique ou gouvernement. (E MPONGO BOKAKO B, cours des institutions politiques et droit constitutionnel TOME 1, G1 DROIT UPC 1996 1997)

Par rapport à cette définition, l’on peut oser affirmer que depuis l’État Indépendant du Congo, en passant par la colonie et l’indépendance jusqu’à ce jour, l’État existait .L’État étant entendu ici comme une organisation socio -politique. En effet, Cet État comprenait et comprend :

1°une population composée de différents groupes ethniques installés sur place

2°un territoire : cet espace délimité et fixé par l’Acte de Berlin

3°une puissance publique et gouvernement :Nous avons d’abord l’administration léopoldienne, ensuite l’administration coloniale dirigée par le Gouverneur Général et enfin le gouvernement de la première république installé en 1960 avec KASA VUBU comme Président Lumumba ,Premier Ministre.

En revanche, les internationalistes quant à eux, ajoutent aux trois éléments constitutifs du droit interne deux autres qui sont : la personnalité juridique internationale et la souveraineté (YEWAWA GBIAMANGO, cours de Vie Internationale G2 DROIT, UPC année 1997 1998)

Concernant la personnalité juridique internationale, il faut reconnaître qu’avant la décolonisation, la structure socio- politique qui occupait l’espace territorial qu’est aujourd’hui la République Démocratique du Congo n’était pas dotée de la personnalité juridique internationale. L’État Indépendant du Congo était du reste propriété privée du Roi Léopold II et la colonie fut tributaire de la métropole ( la Belgique ). C’est en 1960, avec l’indépendance que la République Démocratique acquit la personnalité juridique internationale.

Quant à la souveraineté, il sied de dire qu’elle revêt deux aspects : aspect interne et aspect externe

Du point de vue interne, la souveraineté signifie que l’État a le pouvoir suprême sur toutes les entités qui se trouvent dans sa juridiction. Sous cet angle, on peut affirmer que depuis la colonisation jusqu’ à ce jour, cette souveraineté a toujours existé car le pouvoir politique en place l’exerçait effectivement quoique l’État Indépendant du Congo et la colonie n’avaient pas de personnalité juridique internationale.

Par contre dans son aspect externe, la souveraineté veut dire que sur la scène internationale, il n’y a aucune puissance qui soit supérieure à l’État et que tous les États sont égaux. C’est là l’indépendance, une notion essentiellement politique (la souveraineté étant purement juridique)

Eu égard de ce qui précède, on peut dire que pendant la colonisation, l’État n’existait pas car la colonie dépendait de la métropole ( La Belgique ). Ce n’est qu’avec l’indépendance ou la décolonisation qu’est né l’État.

Ainsi, il y a lieu de résumer en disant que selon la conception du droit interne de l’État, depuis l’époque léopoldienne en passant par la colonie jusqu’à l’indépendance, l’État a existé. Mais la définition de l’État sur le plan international, permet de répondre par la négative qu’avant l’indépendance, l’État n’existait pas et d’ajouter que l’État congolais s’est constitué avec la décolonisation ou mieux avec l’indépendance en 1960, année de la promulgation de la loi fondamentale.

Nous concluons donc en soutenant que la décolonisation ou mieux la loi fondamentale a crée l’État congolais. Par cette affirmation, nous adhérons ainsi, à la conception internationaliste de l’État car large et globale contrairement à la définition du droit interne qui nous semble restreinte et limitée.

Tel est notre point de vue par rapport à cette question que nous avons trouvée passionnante et nous espérons qu’il contribuera à l’évolution des idées.

Maître Christian KALAMBAY KABEYA

Directeur Paroissial de la Commission

Justice et Paix et Animateur Principal du

Comité Local de Gouvernance Participative de la

Paroisse Saint Paul Carrefour Lubumbashi

(Tél :081 5160915/0995923363)

 

16:26 Écrit par CHRISKAL | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it! | | |  del.icio.us | Digg! Digg

30/05/2016

UNE RELECTURE EVEILLEE DES FABLES DE LA FONTAINE POUR UN LEADERSHIP UTILE

UNE RELECTURE EVEILLEE DES FABLES DE LA FONTAINE POUR UN LEADERSHIP UTILE


1.LE LOUP ET L'AGNEAU:LA RAISON DU PLUS FORT EST TOUJOURS LA MEILLEURE. 2.LA PART DU LION:ORIGINE DES CONTRATS LÉONINS
3.LE CORBEAU ET LE RENARD:FLATTERIE ET DÉMAGOGIE
4.LES ANIMAUX MALADES DE LA PESTE : CONCERTATION ET LA RECHERCHE DU BOUC ÉMISSAIRE
5.LA CIGALE ET LA FOURNIE: APRÈS AVOIR CHANTE,DANSEZ ALORS LES AUTRES TRAVAILLENT.

A. La raison du plus fort est toujours la meilleure. C'est la loi de la nature que l'on peut changer. Les faibles la changeront quand ils deviendront forts. En les devenant, ils vont aussi dominer ceux qu’ils trouvent faibles. D'où le cercle vicieux.


L'eschatologie du grand soir conduit à la dictature du prolétariat. Les prolétaires sans le vouloir, chercheront à imiter les capitalistes : par mimétisme, les Congolais colonisés sont sur les traces des colons belges dans la prédation et les kabilistes sur celles des mobutistes.


Et les capitalistes ayant perdu, vont s'organiser pour récupérer le pouvoir qu'ils ne vont plus lâcher une fois repris des mains prolétaires.


L’impérialisme n’est pas le propre de l’occident. Toute capacité acquise dans un domaine amène spontanément à la domination de l’autre. Certains pays tiers mondistes commencent à s’imposer sur les autres malgré la coopération sud- sud.

Hier, l’armée du Zaïre de Mobutu était allée à la rescousse du Tchad contre la Lybie et aujourd’hui, ce même Tchad qui fait la loi dans la sous-région pendant que le petit Rwanda d’hier importune le Congo devenu le grand malade comme l’empire turc ottoman dont on avait décidé la balkanisation par les grandes puissances de l’époque.


Nous pensons qu'il faut coopérer avec celui qui a plus de moyens militaires, financiers, techniques et culturels que vous. Nous sommes dans une civilisation qui n'est pas la nôtre. Quand vous entrez dans un cercle d’hommes, on trouve un ordre déjà établi que l’on doit respecter même cela ne vous agrée : la préséance des anciens, des doyens et ainés. Et il faut avoir un parrain comme protecteur pour bien évoluer dans ce cercle. Le Congo par l’histoire, peut considérer la Belgique comme tel. Comme aussi, on peut changer avec le temps et suivant les intérêts en présence.


Un élève ne peut pas au début de son apprentissage, se mesurer à son maitre. Il doit attendre obtenir une licence ou une autorisation officielle de son maitre pour se comparer avec lui. Cette logique s’applique également dans les arts martiaux. Un élève même devenu champion sera toujours vu par son maitre comme élève. Il en est de même pour des parents envers leurs enfants.

C’est un élément à tenir compte : malgré son diplôme et compétence, pour l’homme blanc, l’africain est regardé comme celui qui était colonisé et qu’on a immatriculé pour devenir évolué.
Il va de soi car un africain citadin a aussi la même considération envers son frère ou neveu qu’il a appelé du fin fond du village pour l’instruire dans les écoles de la ville. C’est donc naturel et humain. On n’y peut rien malgré la multitude de religions qui prêchent là l’homme la charité envers son prochain.


B. Le leader africain peut malgré lui, accepter pour le moment , la supériorité du capitaliste et humblement négocier avec lui. Qu’il lui laisse prendre la part du loin. Le peu que l’impérialiste lui laisse, il peut le consacrer totalement aux intérêts de son peuple. Ce faisant, il aura la sympathie du capitaliste, vrai maitre du monde et le soutien de son mandant c’est à dire, le peuple qui verra ses besoins de base satisfaits. Sans minerais convoités, l’on peut aussi développer un pays avec d’autres ressources comme l’agriculture par exemple. Avec le peu qu’on a , on peut faire beaucoup de choses. « Un tien vaut mieux que deux tu auras », nous dit encore ce fameux Jean de la Fontaine.


P.E LUMUMBA, SEKOU TOURE, T.SANKARA, LD KABILA et M.KADHAFI ont été mis à coté pour n’avoir pas compris cette logique. La gazelle ayant vu le crane du renard brisé par le lion à cause de son partage équitable du butin, a eu la vie sauve grâce à sa sagesse de tout laisser au Roi lion. Nelson MANDELA est apprécié par les occidentaux non seulement pour sa lutte contre l’apartheid, mais aussi et surtout parce qu’il a accepté de cohabiter avec les blancs ségrégationnistes d’hier. R. MUGABA est vilipendé par les impérialistes parce qu’il veut se comporter comme le renard dans son intention de faire un partage juste des ressources du pays de ses ancêtres.


Pour le moment à mon humble avis, j’estime que nous n’avons pas besoin de leaders martyrs qui laissent leur peuple orphelin, seul face au danger quasi–permanent. A quoi bon, mourir sitôt, si ce que l’on cherche, ne sera pas atteint sitôt. Nous avons plutôt besoin de leaders qui concilient, malgré eux, mais avec stratégie des intérêts des puissants impérialistes avec ceux du peuple qu’ils sont appelés à servir .La souveraineté ou l’indépendance économique viendra avec le temps.


A la bravoure et à la vision clairevoyante de nos héros cités ci –haut, il faut ajouter la modération, le réalisme politique et la bonne lecture de signes de temps et de contexte. La précipitation et le radicalisme dans l’exécution de la vision doivent être évités par les leaders d’aujourd’hui. Pour ce faire, nous préconisons « la règle qui perd gagne » : perdons la souveraineté à court terme, pour gagner le progrès social à long terme. Ce progrès social une fois obtenu, nous rendra forts dans le concert des nations.
Ceci n’est pas une vue d’esprit. L’histoire du Japon et de la Corée du Sud face aux Américains peut servir de témoignage vivant.

C. Les leaders africains actuels peuvent être braves et nationalistes comme leurs héros panafricanistes mais avec diplomatie pour le besoin de la cause. Si par flatterie, le renard a pu obtenir du corbeau, le fromage qui ne lui revenait pas en principe, à fortiori comment ne pouvez-vous pas par cette même ruse, obtenir ce qui vous revient de plein droit. Tout flatteur vit au dépend de celui qui l’écoute !


De par l’évolution historique, l’on a constaté que pour l’Afrique, l’occident a besoin d’un leader d’abord instruit selon les critères de leur science car nous sommes dans la civilisation d’excellence, ensuite, manipulable puisqu’ il est de la nature du puissant de dicter au faible et enfin , d’un leader non –visionnaire et non- nationaliste parce que la qualité contraire est la caractéristique de rebelles et révolutionnaires.
On comprendra pourquoi pendant la colonisation, la faculté de philosophie était interdite dans les premières universités créées.


Il appartient à celui qui s’intéresse au leadership pour l’intérêt du peuple d’en tenir compte et de savoir comment se présenter devant les maitres du monde.
La flexibilité loin d’être un défaut, est lié à la nature humaine. L’homme est un être changeant : il peut aimer aujourd’hui, demain , il peut détester et le lendemain, il peut encore revenir au premier sentiment. Cela ne pose pas problème, si cela est fait pour l’intérêt supérieur du peuple et non pour satisfaire ses propres appétits gloutons comme le lion avait dévoré force mouton.


D. On peut changer le système tout en étant dans le système. Les termites rongent l’édifice à l’intérieur. Le grand leader Jésus Christ, pour sauver le monde du péché, a été envoyé dans ce même monde. Il a exercé son ministère non au ciel mais sur terre. Malgré sa mort, l’Eglise est classée aujourd’hui parmi les plus grandes institutions du monde avec un patrimoine et des ressources humaines considérables.


Tout dépend donc du but poursuivi. La nécessité est une loi, dit-on .Le souci de sauver le Congo peut aussi amener à l’oublier momentanément et à y revenir plus tard quand les conditions seront réunies.
Accepter son état faible n’est pas signe de faiblesse mais un acte de réalisme car on peut perdre une bataille aujourd’hui et demain, gagner toute la guerre. Un leader visionnaire vise même le temps où il ne sera pas aux affaires. Il est patient et ne dirige pas pour savourer lui-même les résultats de sa politique. Il sait que son pays faible aujourd’hui, sera demain fort, avec ou sans lui. En effet, le petit poisson deviendra grand pourvu que Dieu lui prête vie, nous dit encore ce Jean de la Fontaine.


Il revient au leader africain d’instruire son peuple et de l’inviter au travail de longue haleine au lieu de le laisser se livrer à la distraction comme la cigale. « la guerre sera longue et populaire» a-t-on dit. Mais, il s’agit en réalité, d’une guerre idéologique et comportementale qui se situe au niveau de la superstructure.

Les nouvelles technologies de l’information qui sont des outils de l’impérialisme culturel, sont paradoxalement, les armes à la portée des prolétaires pour la révolution. Que les leaders africains saisissent cette opportunité avec sagesse et tact.


E. Personne n’est à lui seul indispensable pour le développement de la nation. Tout le monde peut y apporter sa contribution. Le Congo est comme une maison à construire : il y en a qui viennent pour creuser, certains pour la fondation, d’autres pour l’élévation des murs et d’autres encore, pour la toiture, ainsi de suite. Et même, si cette maison est achevée, on aura besoin d’autres personnes pour son entretien et pourquoi pas plus tard, pour sa réfection.
Personne ne peut prétendre développer le Congo à un ou deux mandats. Que celui qui arrive au pouvoir, réalise sa part dans la reconstruction et laisse le tour ,aux autres pour participer aussi à cette œuvre commune.


Le livre de l’histoire du Congo sera volumineux. Nul n’a le droit d’en être le seul acteur ou auteur. Il est légitime à tout Congolais de chercher voir son nom cité dans ce livre grâce à ses bonnes marques et empreintes.


Les concertations que convoque le lion dans « les animaux malades de la peste » visent l’unité. C’est l’idée de rassemblement de tous les sujets autours du chef pour résoudre un problème : la peste. Un leader doit donc être avant tout un rassembleur. Mais, l’hypocrisie et l’exclusion ne sont pas admises : les carnassiers en commençant par le Roi lion, ont été tolérés pour leurs actes cruels alors que l’âne avait été sacrifié pour avoir mangé seulement l’herbe. Haro sur le baudet ! a-t-on crié sur lui.


F. Contrairement à la théorie occidentale, le Parti- Etat n’est pas en soi une mauvaise idée. Il a en effet, dans son actif, permis de ressembler toutes les tribus au sein d’un Etat-Nation qui est devenu la tribu de tous. Ce que l’on peut reprocher à ce système c’est l’absence de l’alternance au sommet et le manque d’expression libre des courants ou tendances dans la prise de décisions.
Cependant, cela ne veut pas dire que nous soutenons un tel régime politique. Nous voulons seulement faire remarquer que si ces deux éléments étaient présents, on ne serait pas loin de la démocratie. Il n’existe pas en effet, de démocratie typique. L’essentiel est que le peuple soit libre d’expression et se retrouve du pont de vue socio-économique.


Du reste, si l’on analyse attentivement sur le plan des faits seulement les régimes parlementaires occidentaux, l’on constate que l’on n’est pas loin du système du parti unique lorsqu’un parti politique ou une coalition a la majorité écrasante au sein du parlement. Il y en a qui parlent même de la dictature de la majorité. Parfois, face à la contestation populaire, certains leaders de partis politiques majoritaires au parlement n’hésitent d’affirmer que la démocratie se fait au parlement où siègent les élus de ce même peuple et non dans la rue.


G. Au Congo, aujourd’hui, à travers la décentralisation et le découpage territorial, si la politique est perçue par tous comme un service, il y a du travail pour un grand nombre. Mais la compétence, le sens du résultat, le contrôle et la justice ne doivent pas être sacrifiées au profit du partage aveuglé du gâteau.


Me CHRISTIAN KALAMBAY KABEYA

 

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27/07/2015

LE CHOIX DE DIRIGEANTS EN RDC

ARCHIDIOCÈSE DE LUBUMBASHI

PAROISSE SAINT PAUL/CARREFOUR

COMMISSION JUSTICE ET PAIX

Tél :0815160915/0995923363

                                   LE CHOIX DE DIRIGEANTS EN RDC

Le choix ou mieux l’élection de dirigeants en République Démocratique du Congo se fait au niveau central (section 1), au niveau provincial (section 2) et au niveau des entités territoriales décentralisées (section 3)

Section 1 : Au niveau central

Il importe ici de décrire comment sont désignés le Président de la République (paragraphe 1), le Premier Ministre (paragraphe2), les Députés nationaux (paragraphe3), et les Sénateurs (paragraphe 4)

Paragraphe 1 : Du Président de la République

Il est le Chef de l’État. Il représente la nation et il est le symbole de l’unité nationale.

Le Président de la République est l’organe régulateur du fonctionnement des pouvoirs et des institutions de la République et la continuité de l’État.

Il est élu au suffrage universel direct et secret majoritaire à un seul tour.

Paragraphe 2 : Du Premier Ministre

C’est l’organe de gestion et de décision du pouvoir exécutif .Il dirige le gouvernement dont il est le chef. Il assure l’exécution des lois et dispose du pouvoir règlementaire sous réserve des prérogatives dévolues au Président de la République par la constitution.

Le Premier Ministre est désigné par le Président de la République au sein de la majorité parlementaire. Si cette majorité n’est pas réalisable, le Président de la République peut confier la mission à l’assemblée pour lui proposer un candidat.

Paragraphe3 : Des Députés Nationaux

L’assemblée nationale est l’organe législatif de la République. Elle contrôle le gouvernement, les entreprises et établissements publics ainsi que les services publics.

Les Députés Nationaux sont élus au suffrage universel direct et secret. Ils représentent leurs partis politiques ou regroupement politiques ou sont candidats indépendants.

Paragraphe 4 : Des Sénateurs

Le sénat est l’organe législatif et contrôleur du gouvernement, des entreprises et établissement publics ainsi que des services publics. Les Sénateurs sont élus au sein ou en dehors de l’assemblée provinciale par les députés provinciaux sur la liste

Section 2 : Au niveau provincial

La province comprend deux institutions dont les animateurs font l’objet d’élection. Il s’agit de l’assemblée provinciale (paragraphe 1) et le gouvernement provincial (paragraphe 2)

Paragraphe 1 : De l’assemblée Provinciale

Elle est l’organe législatif et contrôleur du gouvernement provincial. Ses membres appelés Députés provinciaux sont élus au suffrage universel direct et secret ou cooptés. Ceux qui sont cooptés sont les chefs coutumiers dont le nombre ne peut dépasser le 1/10e des membres qui composent l’assemblée provinciale.

Paragraphe 2 : Du Gouvernement provincial

Il est l’organe de gestion et d’exécution des décisions au niveau provincial.

Le Gouverneur et le Vice Gouverneur sont élus au sein ou en dehors de l’assemblée provinciale pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois.Il est investi par ordonnance du Président de la République.

Les ministres provinciaux dont le nombre ne peut dépasser dix, sont désignés par le Gouverneur au sein ou en dehors de l’assemblée provinciale. Avant d’entre en fonction, le Gouverneur présente à l’assemblée provinciale son programme qui doit être approuvé par celle-ci

Section 3 : Au niveau des entités territoriales décentralisées

Il est question ici des élections urbaines, municipales et locales qui se déroulent au sein des entités territoriales décentralisées qui sont : la ville (paragraphe1), commune (paragraphe 2), secteur (paragraphe3) et chefferie (paragraphe 4),

Paragraphe 1 : Ville

Elle comprend deux organes : législatif qui est le conseil urbain (I) et l’autre exécutif, le collège exécutif urbain(II)

I. Conseil Urbain :

Il est l’organe délibérant de la ville constitué de conseillers urbains élus au second degré par les conseillers communaux composant la ville pour un mandat de cinq ans.

Chaque commune est représentée par quatre conseillers au sein du conseil urbain. Le conseil urbain statue par voie de décision et donne avis sur toute matière intéressant la ville.

II. Du collège exécutif urbain

C’est l’organe de gestion de la ville composé d’un Maire, d’un Maire Adjoint et de trois Echevins. Le Maire et son Adjoint sont élus au sein ou en dehors du conseil urbain.

Les Échevins sont désignés par le Maire au sein ou en dehors du conseil sur base de trois critères à savoir : compétence, crédibilité et représentativité communautaire.

Cette désignation doit être approuvée par le conseil urbain

Paragraphe 2 : Commune

Elle est composée de deux organes : l’un législatif, conseil communal(I) et l’autre exécutif, collège exécutif communal (II)

I. Du Conseil Communal

C’est l’organe délibérant d’une commune composé des conseillers municipaux élus au suffrage universel direct par les habitants de la commune pour un mandat de cinq renouvelable

II. Du Collège Exécutif communal

Il est l’organe de gestion et d’exécution de la commune composé du Bourgmestre et son Adjoint et de deux Échevins communaux qui sont désignés par le Bourgmestre au sein ou en dehors du conseil communal sur base de trois critères : crédibilité et représentativité communautaire.

Cette désignation doit être approuvée par le conseil communal. Le Bourgmestre et son adjoint sont élus au suffrage universel direct au sein ou en dehors du conseil communal.

Paragraphe 3 : Secteur

Il comprend deux organes : l’un législatif, le conseil de secteur (I) et l’autre exécutif le collège exécutif du secteur II)

I. Du Conseil de secteur

C’est l’organe législatif composé de conseillers de secteur élus au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable

II. Du collège exécutif de secteur

Il est l’organe de gestion du secteur et d’exécution des décisions de son conseil.

Il composé du Chef de secteur, du Chef de secteur adjoint et de deux Échevins désignés par le Chef de secteur.

Le Chef de secteur et le Chef de secteur adjoint sont élus par les conseillers de secteur au sein ou en dehors du conseil pour un mandat de cinq ans renouvelable. Ils sont investis par le Gouverneur de province dans les quinze jours de la proclamation des résultats. Passé ce délai, l’investiture est de droit.

Paragraphe 4 : La Chefferie

La chefferie comprend aussi deux organes qui sont :le conseil de chefferie(I) et le collège exécutif de chefferie (II)

I. Le conseil de chefferie

C’est l’organe délibérant de la chefferie. Il est composé de conseillers de chefferie élus au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans.

II. Le collège exécutif de chefferie

Il est l’organe exécutif de chefferie composé du chef de chefferie, d’un Premier Échevin et d’autres Échevins. Le chef de chefferie est désigné conformément à la coutume relative à la dévolution du pouvoir dans la chefferie et est investi par un arrêté du Gouverneur de province.

Le Premier Échevin et les deux Échevins sont désignés par le Chef de chefferie qui fait approuver cette désignation par le conseil de chefferie.

 Par Christian KALAMBAY, Directeur Paroissial et Jean Homer MWIDILAYI,Directeur Paroissial Adjoint                                       

 

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