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30/05/2016

UNE RELECTURE EVEILLEE DES FABLES DE LA FONTAINE POUR UN LEADERSHIP UTILE

UNE RELECTURE EVEILLEE DES FABLES DE LA FONTAINE POUR UN LEADERSHIP UTILE


1.LE LOUP ET L'AGNEAU:LA RAISON DU PLUS FORT EST TOUJOURS LA MEILLEURE. 2.LA PART DU LION:ORIGINE DES CONTRATS LÉONINS
3.LE CORBEAU ET LE RENARD:FLATTERIE ET DÉMAGOGIE
4.LES ANIMAUX MALADES DE LA PESTE : CONCERTATION ET LA RECHERCHE DU BOUC ÉMISSAIRE
5.LA CIGALE ET LA FOURNIE: APRÈS AVOIR CHANTE,DANSEZ ALORS LES AUTRES TRAVAILLENT.

A. La raison du plus fort est toujours la meilleure. C'est la loi de la nature que l'on peut changer. Les faibles la changeront quand ils deviendront forts. En les devenant, ils vont aussi dominer ceux qu’ils trouvent faibles. D'où le cercle vicieux.


L'eschatologie du grand soir conduit à la dictature du prolétariat. Les prolétaires sans le vouloir, chercheront à imiter les capitalistes : par mimétisme, les Congolais colonisés sont sur les traces des colons belges dans la prédation et les kabilistes sur celles des mobutistes.


Et les capitalistes ayant perdu, vont s'organiser pour récupérer le pouvoir qu'ils ne vont plus lâcher une fois repris des mains prolétaires.


L’impérialisme n’est pas le propre de l’occident. Toute capacité acquise dans un domaine amène spontanément à la domination de l’autre. Certains pays tiers mondistes commencent à s’imposer sur les autres malgré la coopération sud- sud.

Hier, l’armée du Zaïre de Mobutu était allée à la rescousse du Tchad contre la Lybie et aujourd’hui, ce même Tchad qui fait la loi dans la sous-région pendant que le petit Rwanda d’hier importune le Congo devenu le grand malade comme l’empire turc ottoman dont on avait décidé la balkanisation par les grandes puissances de l’époque.


Nous pensons qu'il faut coopérer avec celui qui a plus de moyens militaires, financiers, techniques et culturels que vous. Nous sommes dans une civilisation qui n'est pas la nôtre. Quand vous entrez dans un cercle d’hommes, on trouve un ordre déjà établi que l’on doit respecter même cela ne vous agrée : la préséance des anciens, des doyens et ainés. Et il faut avoir un parrain comme protecteur pour bien évoluer dans ce cercle. Le Congo par l’histoire, peut considérer la Belgique comme tel. Comme aussi, on peut changer avec le temps et suivant les intérêts en présence.


Un élève ne peut pas au début de son apprentissage, se mesurer à son maitre. Il doit attendre obtenir une licence ou une autorisation officielle de son maitre pour se comparer avec lui. Cette logique s’applique également dans les arts martiaux. Un élève même devenu champion sera toujours vu par son maitre comme élève. Il en est de même pour des parents envers leurs enfants.

C’est un élément à tenir compte : malgré son diplôme et compétence, pour l’homme blanc, l’africain est regardé comme celui qui était colonisé et qu’on a immatriculé pour devenir évolué.
Il va de soi car un africain citadin a aussi la même considération envers son frère ou neveu qu’il a appelé du fin fond du village pour l’instruire dans les écoles de la ville. C’est donc naturel et humain. On n’y peut rien malgré la multitude de religions qui prêchent là l’homme la charité envers son prochain.


B. Le leader africain peut malgré lui, accepter pour le moment , la supériorité du capitaliste et humblement négocier avec lui. Qu’il lui laisse prendre la part du loin. Le peu que l’impérialiste lui laisse, il peut le consacrer totalement aux intérêts de son peuple. Ce faisant, il aura la sympathie du capitaliste, vrai maitre du monde et le soutien de son mandant c’est à dire, le peuple qui verra ses besoins de base satisfaits. Sans minerais convoités, l’on peut aussi développer un pays avec d’autres ressources comme l’agriculture par exemple. Avec le peu qu’on a , on peut faire beaucoup de choses. « Un tien vaut mieux que deux tu auras », nous dit encore ce fameux Jean de la Fontaine.


P.E LUMUMBA, SEKOU TOURE, T.SANKARA, LD KABILA et M.KADHAFI ont été mis à coté pour n’avoir pas compris cette logique. La gazelle ayant vu le crane du renard brisé par le lion à cause de son partage équitable du butin, a eu la vie sauve grâce à sa sagesse de tout laisser au Roi lion. Nelson MANDELA est apprécié par les occidentaux non seulement pour sa lutte contre l’apartheid, mais aussi et surtout parce qu’il a accepté de cohabiter avec les blancs ségrégationnistes d’hier. R. MUGABA est vilipendé par les impérialistes parce qu’il veut se comporter comme le renard dans son intention de faire un partage juste des ressources du pays de ses ancêtres.


Pour le moment à mon humble avis, j’estime que nous n’avons pas besoin de leaders martyrs qui laissent leur peuple orphelin, seul face au danger quasi–permanent. A quoi bon, mourir sitôt, si ce que l’on cherche, ne sera pas atteint sitôt. Nous avons plutôt besoin de leaders qui concilient, malgré eux, mais avec stratégie des intérêts des puissants impérialistes avec ceux du peuple qu’ils sont appelés à servir .La souveraineté ou l’indépendance économique viendra avec le temps.


A la bravoure et à la vision clairevoyante de nos héros cités ci –haut, il faut ajouter la modération, le réalisme politique et la bonne lecture de signes de temps et de contexte. La précipitation et le radicalisme dans l’exécution de la vision doivent être évités par les leaders d’aujourd’hui. Pour ce faire, nous préconisons « la règle qui perd gagne » : perdons la souveraineté à court terme, pour gagner le progrès social à long terme. Ce progrès social une fois obtenu, nous rendra forts dans le concert des nations.
Ceci n’est pas une vue d’esprit. L’histoire du Japon et de la Corée du Sud face aux Américains peut servir de témoignage vivant.

C. Les leaders africains actuels peuvent être braves et nationalistes comme leurs héros panafricanistes mais avec diplomatie pour le besoin de la cause. Si par flatterie, le renard a pu obtenir du corbeau, le fromage qui ne lui revenait pas en principe, à fortiori comment ne pouvez-vous pas par cette même ruse, obtenir ce qui vous revient de plein droit. Tout flatteur vit au dépend de celui qui l’écoute !


De par l’évolution historique, l’on a constaté que pour l’Afrique, l’occident a besoin d’un leader d’abord instruit selon les critères de leur science car nous sommes dans la civilisation d’excellence, ensuite, manipulable puisqu’ il est de la nature du puissant de dicter au faible et enfin , d’un leader non –visionnaire et non- nationaliste parce que la qualité contraire est la caractéristique de rebelles et révolutionnaires.
On comprendra pourquoi pendant la colonisation, la faculté de philosophie était interdite dans les premières universités créées.


Il appartient à celui qui s’intéresse au leadership pour l’intérêt du peuple d’en tenir compte et de savoir comment se présenter devant les maitres du monde.
La flexibilité loin d’être un défaut, est lié à la nature humaine. L’homme est un être changeant : il peut aimer aujourd’hui, demain , il peut détester et le lendemain, il peut encore revenir au premier sentiment. Cela ne pose pas problème, si cela est fait pour l’intérêt supérieur du peuple et non pour satisfaire ses propres appétits gloutons comme le lion avait dévoré force mouton.


D. On peut changer le système tout en étant dans le système. Les termites rongent l’édifice à l’intérieur. Le grand leader Jésus Christ, pour sauver le monde du péché, a été envoyé dans ce même monde. Il a exercé son ministère non au ciel mais sur terre. Malgré sa mort, l’Eglise est classée aujourd’hui parmi les plus grandes institutions du monde avec un patrimoine et des ressources humaines considérables.


Tout dépend donc du but poursuivi. La nécessité est une loi, dit-on .Le souci de sauver le Congo peut aussi amener à l’oublier momentanément et à y revenir plus tard quand les conditions seront réunies.
Accepter son état faible n’est pas signe de faiblesse mais un acte de réalisme car on peut perdre une bataille aujourd’hui et demain, gagner toute la guerre. Un leader visionnaire vise même le temps où il ne sera pas aux affaires. Il est patient et ne dirige pas pour savourer lui-même les résultats de sa politique. Il sait que son pays faible aujourd’hui, sera demain fort, avec ou sans lui. En effet, le petit poisson deviendra grand pourvu que Dieu lui prête vie, nous dit encore ce Jean de la Fontaine.


Il revient au leader africain d’instruire son peuple et de l’inviter au travail de longue haleine au lieu de le laisser se livrer à la distraction comme la cigale. « la guerre sera longue et populaire» a-t-on dit. Mais, il s’agit en réalité, d’une guerre idéologique et comportementale qui se situe au niveau de la superstructure.

Les nouvelles technologies de l’information qui sont des outils de l’impérialisme culturel, sont paradoxalement, les armes à la portée des prolétaires pour la révolution. Que les leaders africains saisissent cette opportunité avec sagesse et tact.


E. Personne n’est à lui seul indispensable pour le développement de la nation. Tout le monde peut y apporter sa contribution. Le Congo est comme une maison à construire : il y en a qui viennent pour creuser, certains pour la fondation, d’autres pour l’élévation des murs et d’autres encore, pour la toiture, ainsi de suite. Et même, si cette maison est achevée, on aura besoin d’autres personnes pour son entretien et pourquoi pas plus tard, pour sa réfection.
Personne ne peut prétendre développer le Congo à un ou deux mandats. Que celui qui arrive au pouvoir, réalise sa part dans la reconstruction et laisse le tour ,aux autres pour participer aussi à cette œuvre commune.


Le livre de l’histoire du Congo sera volumineux. Nul n’a le droit d’en être le seul acteur ou auteur. Il est légitime à tout Congolais de chercher voir son nom cité dans ce livre grâce à ses bonnes marques et empreintes.


Les concertations que convoque le lion dans « les animaux malades de la peste » visent l’unité. C’est l’idée de rassemblement de tous les sujets autours du chef pour résoudre un problème : la peste. Un leader doit donc être avant tout un rassembleur. Mais, l’hypocrisie et l’exclusion ne sont pas admises : les carnassiers en commençant par le Roi lion, ont été tolérés pour leurs actes cruels alors que l’âne avait été sacrifié pour avoir mangé seulement l’herbe. Haro sur le baudet ! a-t-on crié sur lui.


F. Contrairement à la théorie occidentale, le Parti- Etat n’est pas en soi une mauvaise idée. Il a en effet, dans son actif, permis de ressembler toutes les tribus au sein d’un Etat-Nation qui est devenu la tribu de tous. Ce que l’on peut reprocher à ce système c’est l’absence de l’alternance au sommet et le manque d’expression libre des courants ou tendances dans la prise de décisions.
Cependant, cela ne veut pas dire que nous soutenons un tel régime politique. Nous voulons seulement faire remarquer que si ces deux éléments étaient présents, on ne serait pas loin de la démocratie. Il n’existe pas en effet, de démocratie typique. L’essentiel est que le peuple soit libre d’expression et se retrouve du pont de vue socio-économique.


Du reste, si l’on analyse attentivement sur le plan des faits seulement les régimes parlementaires occidentaux, l’on constate que l’on n’est pas loin du système du parti unique lorsqu’un parti politique ou une coalition a la majorité écrasante au sein du parlement. Il y en a qui parlent même de la dictature de la majorité. Parfois, face à la contestation populaire, certains leaders de partis politiques majoritaires au parlement n’hésitent d’affirmer que la démocratie se fait au parlement où siègent les élus de ce même peuple et non dans la rue.


G. Au Congo, aujourd’hui, à travers la décentralisation et le découpage territorial, si la politique est perçue par tous comme un service, il y a du travail pour un grand nombre. Mais la compétence, le sens du résultat, le contrôle et la justice ne doivent pas être sacrifiées au profit du partage aveuglé du gâteau.


Me CHRISTIAN KALAMBAY KABEYA

 

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Écrit par : kalambay | 09/06/2016

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